Les jouets sont parmi les objets les plus compliqués à recycler. Constitués de plastiques mélangés, de métaux, de tissus, de piles et d'électronique, ils défient les filières de tri classiques. Chaque année, plus de 100 000 tonnes de jouets non électriques sont jetés en France. Une bonne partie finit en enfouissement ou en incinération — faute de filière accessible, faute d'information, faute de réflexe. Pourtant, des solutions existent pour donner une seconde vie aux jouets, qu'ils soient en bon état ou abîmés.
La réponse n'est pas unique. Elle dépend de l'état du jouet, de sa composition et de ce qu'on est prêt à faire pour éviter la poubelle.
La filière REP jouets : une obligation depuis 2022
Depuis 2022, les fabricants et distributeurs de jouets sont soumis à une filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur). Concrètement, cela signifie qu'ils financent la collecte et le traitement des jouets en fin de vie, via deux éco-organismes agréés :
- Ecosystem : prend en charge les jouets électriques et électroniques (piles, moteurs, circuits imprimés)
- Ecomaison : gère les autres catégories de jouets non électriques
Grâce à cette filière, environ 38 000 tonnes de jouets par an font désormais l'objet d'une collecte organisée — un volume en forte croissance depuis 2022. Des points de collecte sont disponibles dans les enseignes partenaires, les mairies, les associations locales et certains centres de tri.
La Grande Collecte Solidaire de 2025 : une première nationale
En novembre 2025, Ecomaison et ecosystem ont lancé ensemble la première Grande Collecte Solidaire des Jouets à l'échelle nationale. L'opération a mobilisé plus de 2 500 points de dépôt dans toute la France, dans une approche qui combine trois options selon l'état du jouet :
- Réemploi : les jouets en bon état sont redistribués via des associations caritatives ou revendus en seconde main
- Réparation : les jouets réparables sont orientés vers des ateliers de remise en état
- Recyclage : les jouets irrécupérables sont traités selon les normes environnementales françaises
Ce triptyque est au cœur de la logique de l'économie circulaire appliquée aux jouets : ne recycler que ce qu'on ne peut ni réemployer ni réparer.
Où déposer ses jouets usagés ?
Plusieurs circuits sont disponibles selon l'état et le type de jouet :
Les jouets en bon état
- Associations caritatives (Emmaüs, Croix-Rouge, Secours Populaire) : dons directs, gratuits
- Ressourceries et recycleries locales : acceptent les jouets en état de fonctionnement
- Plateformes de seconde main (Le Bon Coin, Vinted Kids, Vide-greniers) : pour récupérer de la valeur
- Points de collecte Ecomaison/ecosystem lors des grandes collectes
Les jouets électriques défaillants
- Déchetteries équipées de bacs DEEE (Déchets d'Équipements Électriques et Électroniques)
- Magasins de jouets ou d'électronique : reprise obligatoire d'un équivalent par l'enseigne lors d'un achat
Les jouets en plastique irrécupérables
- Déchetterie, bac plastique si les consignes locales l'acceptent
- Points de collecte Ecomaison pour les jouets non électriques
Pour connaître les points de collecte les plus proches, le site d'Ecosystem permet de localiser les points de dépôt par code postal.
Le défi technique du plastique mixte
Le recyclage des jouets en plastique se heurte à un problème structurel : la plupart sont fabriqués avec plusieurs types de plastiques différents (PP, PE, ABS, PVC) assemblés dans un même objet. Sans démontage préalable, il est impossible de recycler ces matières séparément — et le tri manuel est coûteux.
Les jouets en mono-matière plastique (certains jeux de construction, bacs de rangement) sont plus simples à recycler que les figurines complexes avec parties souples, décors peints et inserts métalliques.
Le recyclage chimique du plastique — notamment la pyrolyse — ouvre des perspectives nouvelles pour traiter ces flux complexes. Notre article sur le recyclage chimique du plastique par pyrolyse détaille comment cette technologie peut valoriser des plastiques auparavant inrecyclables.
Les alternatives durables dès l'achat
La meilleure façon de réduire le problème en aval, c'est de faire des choix différents en amont.
Préférer les jouets en matériaux recyclables ou naturels : bois certifié FSC, jouets en plastique recyclé, jeux en carton solide. Ces matériaux sont plus simples à traiter en fin de vie.
Choisir la durabilité : un jouet bien conçu, réparable, qui traverse plusieurs enfants vaut toujours mieux qu'un jouet jetable qui casse en quelques semaines.
Louer plutôt qu'acheter : des ludothèques et des services de location de jouets se développent dans les grandes villes. Une bonne façon de réduire le volume de jouets qui transitent dans un foyer.
Acheter d'occasion : le marché du jouet d'occasion est dynamique en France. Un jouet de seconde main bien choisi est souvent de meilleure qualité que du neuf bas de gamme.
Pour replacer ces choix dans une démarche plus large, notre article sur les principes de l'économie circulaire propose un cadre utile pour penser ses achats différemment.
Conclusion
Le recyclage des jouets en plastique n'est pas une cause perdue, mais il demande un peu d'organisation et le bon circuit selon l'état du jouet. La filière REP jouets monte en puissance, les points de collecte se multiplient, et les opérations comme la Grande Collecte Solidaire montrent qu'il est possible de mobiliser des millions de foyers sur le sujet. L'enjeu reste de rendre tout cela aussi simple que de mettre un carton dans le bac jaune — et de commencer à changer les réflexes dès l'achat.
Sources
- Ecosystem — Don et recyclage des jeux et jouets — Filière de collecte et points de dépôt
- Ecomaison — Grande Collecte Solidaire des Jouets — Présentation de l'opération nationale 2025
- ADEME Infos — Que deviennent nos jouets usagés ? — Analyse des flux de jouets en France



