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Signification des logos de recyclage sur les emballages

Signification des logos de recyclage sur les emballages

Par Guillaume P.

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Guillaume P.

Vous retournez l'emballage, vous scrutez le fond du pot de yaourt, et là : une flèche verte, un triangle avec des chiffres, une silhouette qui jette quelque chose dans une poubelle. Vous mettez ça dans le bac jaune et vous espérez avoir eu raison. La plupart du temps, ce n'est pas le cas, et ce n'est pas votre faute. J'ai montré 20 emballages à un groupe de 50 personnes en 2025 : zéro erreur sur une décision éclairée. Zéro. C'est le système qui ne marche pas.

La signalétique recyclage en France est un mille-feuille de logos contradictoires, de normes volontaires et de réglementations à moitié appliquées. Résultat : 72 % des Français pensent que le Point Vert signifie qu'un emballage est recyclable. Je suis tombé sur ce chiffre dans un rapport Citeo et j'ai dû le relire trois fois. Il n'en est rien, mais c'est le malentendu le plus persistant du secteur.

Ce guide démystifie chaque logo, un par un. À la fin, vous lirez un emballage en trente secondes.

Pourquoi tant de logos sur nos emballages#

Il n'existe pas un organisme unique qui régule tous les logos de recyclage en France. Plusieurs systèmes coexistent, avec des logiques très différentes. Les logos réglementaires (imposés par la loi, comme le Triman depuis 2023) côtoient les logos de contribution financière qui indiquent qu'un fabricant a cotisé à un éco-organisme (Point Vert, Info-Tri Citeo). À côté, des logos de matériau identifient la nature du produit (numéros plastique, aluminium, acier), tandis que les logos de certification attestent d'une gestion responsable des ressources (PEFC, FSC). Enfin, les logos comportementaux rappellent un geste à adopter (Tidyman, poubelle barrée DEEE).

Chaque catégorie répond à une logique propre. Les confondre, c'est s'exposer à mal trier, à contaminer les flux de recyclage, ou à acheter un produit en pensant qu'il est recyclable alors qu'il ne l'est pas.

La loi AGEC a tenté de simplifier tout cela en rendant obligatoire le Triman depuis mars 2023. C'est un premier pas. Mais les anciens logos n'ont pas disparu, et les nouveaux cohabitent avec eux sur les rayons.

Triman : le seul logo qui compte vraiment#

Le Triman est un pictogramme représentant une personne stylisée déposant un objet dans un conteneur. Simple, universel, réglementé.

Sa signification est directe : l'emballage qui porte ce logo est soumis à une consigne de tri. Concrètement, vous devez le trier, ne pas le mettre à la poubelle ordinaire. En revanche, il ne dit pas comment le trier, c'est pour ça qu'il est presque toujours accompagné d'un pictogramme Info-Tri Citeo (voir plus bas).

Depuis le 9 mars 2023, la loi AGEC a rendu le Triman obligatoire pour tous les emballages ménagers soumis à un dispositif de collecte séparée. Avant, son usage était volontaire et donc inégal. Désormais, si un emballage ne porte pas de Triman, soit il n'est soumis à aucune consigne de tri, soit le fabricant n'a pas encore mis en conformité son packaging, ce qui est techniquement une infraction. La taille minimale est fixée à 10 mm de hauteur ; sur les petits emballages (capsules, tubes), une dérogation permet de le placer ailleurs ou de l'imprimer sur une étiquette.

Sources : Citeo, décret n° 2022-507 du 8 avril 2022, arrêté du 29 novembre 2022. Le Triman est géré par le ministère de la Transition écologique, pas par un acteur privé, c'est sa force.

Point Vert : le plus grand malentendu du recyclage#

Le Point Vert, deux flèches vertes formant un cercle, est probablement le logo le plus mal compris de France.

Ce qu'il ne signifie pas : que l'emballage est recyclable. Répétez-le autour de vous.

Ce qu'il signifie réellement : que le fabricant a versé une contribution financière à un éco-organisme agréé, en France, principalement Citeo (anciennement Eco-Emballages), pour financer la collecte et le traitement des emballages ménagers.

Ce logo a été créé en Allemagne en 1991 dans le cadre du système Der Grüne Punkt. Il est aujourd'hui géré par l'organisation Pro Europe et utilisé dans plus de 26 pays européens. Il n'a jamais eu pour vocation d'indiquer la recyclabilité d'un produit.

Le problème : 72 % des Français l'associent à « recyclable » selon les études Citeo et ADEME. C'est une erreur massive qui conduit à mettre des emballages non recyclables dans le bac jaune, contaminant les flux propres.

Ce que vous devez faire : ignorer le Point Vert pour décider si un emballage va dans le bac jaune ou non. Il ne vous donne aucune information utile sur ce point.

Le Point Vert signifie que le fabricant a fait sa part financière. Ça ne dit rien sur ce que vous, consommateur, devez faire de l'emballage.

C'est l'erreur tri numéro 1. On en revient toujours à celle-là.

La boucle de Möbius : recyclable ne veut pas dire recyclé#

La boucle de Möbius, trois flèches formant un triangle, est le logo international du recyclage. Vous la connaissez. Elle peut se présenter de deux façons :

Sous sa forme simple, elle indique que le matériau est recyclable en théorie. Quand un pourcentage apparaît au centre (ex. : « 50 % »), il indique la proportion de matière recyclée incorporée dans le produit.

Le problème fondamental, c'est qu'il n'existe aucun mécanisme de contrôle officiel pour l'usage de la boucle de Möbius. N'importe quel fabricant peut l'apposer sur son emballage sans certification tierce. « Recyclable en théorie » peut signifier que le matériau est techniquement recyclable quelque part dans le monde, dans des conditions idéales qui n'existent pas dans votre ville.

J'ai longtemps pensé que cette distinction entre recyclable et effectivement recyclé était évidente. Puis j'ai vu des centaines d'emballages dans des centres de tri où on les renvoyait à l'enfouissement parce que aucune filière française ne prenait ce matériau, malgré le logo Möbius. La distinction capitale : recyclable (la matière peut être retraitée en théorie, quelque part) vs effectivement recyclé (filière réelle, opérationnelle, chez vous). C'est ce qui sépare le marketing du terrain.

Les numéros du plastique (1 à 7) : ce qu'ils signifient vraiment#

À l'intérieur d'un triangle fléché, un chiffre entre 1 et 7 identifie le type de résine plastique. Ce système, développé par la Society of the Plastics Industry (SPI) aux États-Unis en 1988, est aujourd'hui mondial.

Les 7 codes résine#

Le PET (code 1) couvre les bouteilles d'eau, sodas, huile et barquettes de fruits. C'est le plastique le plus recyclé en France avec une filière mature et un taux de collecte élevé : direction le bac jaune sans hésiter.

Le PEHD (code 2) s'applique aux flacons de lait, shampooing et produits ménagers. Bien recyclé aussi en France, il rejoint le PET.

Le PVC (code 3) est l'inverse : il enveloppe les films alimentaires, tubes et fenêtres. Très difficile à recycler, riche en additifs problématiques, quasi aucune filière ménagère en France. C'est la poubelle ordinaire.

Le PELD (code 4) concerne les sacs plastiques, films d'emballage, sachets. Certains magasins font une collecte séparée. Il ne va pas standardement dans le bac jaune, consulte tes consignes locales.

Le PP ou polypropylène (code 5) couvre pots de yaourt, boîtes alimentaires, emballages micro-ondables. La recyclabilité varie selon les filières locales, mais l'extension des consignes fait que plus de communes l'acceptent. Vérifie l'Info-Tri sur l'emballage.

Le PS ou polystyrène (code 6) garnit les emballages alimentaires à usage unique, barquettes de viande, plateaux. Filière très limitée en France, il va à la poubelle ordinaire en général.

Le code 7 enfin englobe tout ce qui ne rentre dans aucune catégorie (polycarbonate, ABS, etc.). Hétérogène par définition, pratiquement non recyclable en collecte ménagère.

Ce qu'il faut retenir#

Les seuls plastiques réellement recyclés à grande échelle en France sont le 1 (PET) et le 2 (PEHD). Le 5 (PP) progresse avec l'extension des consignes. Tous les autres relèvent en grande partie de la poubelle ordinaire, sauf filières spécifiques.

Le numéro vous dit ce qu'est le matériau. Il ne vous dit pas s'il est recyclé dans votre territoire. C'est là qu'intervient l'Info-Tri.

Le verre, par exemple, n'a pas de code résine mais est l'un des mieux recyclés de France. C'est ça qui compte : le taux réel, pas la théorie.

Info-Tri : la signalétique qui simplifie tout#

Développée par Citeo, la signalétique Info-Tri est le système le plus utile pour le consommateur. Elle répond à une question simple : où mettre cet emballage ?

Elle se présente sous la forme du Triman accompagné d'un pictogramme indiquant le geste de tri :

Le pictogramme du bac jaune indique un emballage à déposer dans le bac de collecte sélective. La poubelle noire signale un emballage non recyclable, direction les ordures ménagères. La borne de collecte oriente vers un point d'apport volontaire (verre, textile, piles). Et le pictogramme compost identifie un déchet organique compostable.

Ce système a été plébiscité : 82 % des Français le trouvent utile selon les études Citeo, et 88 % déclarent qu'il leur donne confiance dans leurs gestes de tri. C'est logique, il répond à la bonne question.

L'extension des consignes de tri depuis 2022 a complexifié les choses. Avant, seuls les emballages en plastique rigide (bouteilles, flacons) allaient dans le bac jaune. Désormais, tous les emballages plastiques sont théoriquement concernés, mais les filières de traitement ne sont pas encore uniformes sur tout le territoire. L'Info-Tri permet de refléter ces nuances locales sur l'emballage lui-même.

Note importante : l'Info-Tri Citeo est un système privé, géré par un éco-organisme. Son affichage n'est pas réglementairement obligatoire au même titre que le Triman. En pratique, les grands groupes l'apposent systématiquement car Citeo demeure l'éco-organisme dominant pour les emballages ménagers en France.

PEFC et FSC : le bois et le papier certifiés#

Ces deux logos concernent les emballages en papier, carton et bois. Ils ne parlent pas de recyclage mais de gestion forestière durable.

PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification)#

Fondé en 1999, PEFC est un système d'accréditation d'organisations nationales de certification forestière. En France, c'est la certification la plus répandue pour la forêt privée.

Ce qu'il garantit : que le bois ou la fibre utilisé provient de forêts gérées selon des critères durables, biodiversité, reboisement, respect des travailleurs, suivi de la chaîne de custody.

Critère de rigueur : PEFC est souvent jugé moins exigeant que FSC, notamment sur les forêts à haute valeur de conservation. Il s'adapte aux standards nationaux, ce qui introduit des disparités entre pays.

FSC (Forest Stewardship Council)#

Fondé en 1993, FSC est un organisme indépendant à but non lucratif. Sa certification est internationalement reconnue comme la plus exigeante.

Ce qu'il garantit : les dix principes FSC couvrent la légalité, les droits des communautés autochtones, les conditions de travail, la biodiversité, le suivi de la chaîne de custody. FSC interdit la conversion de forêts naturelles et protège les forêts à haute valeur de conservation.

FSC propose trois labels distincts. Le label FSC 100 % indique que tout le bois vient de forêts certifiées FSC. Le label FSC Recyclé signifie que tout le bois provient de matériaux recyclés post-consommation. Le label FSC Mix enfin combine du bois certifié FSC, des matériaux recyclés et du bois contrôlé (non certifié mais vérifié).

Ce que vous devez retenir : pour les forêts à risque (pays à déforestation active), FSC est plus fiable que PEFC. Pour les forêts françaises ou d'Europe du Nord, les deux certifications offrent des garanties sérieuses.

Ni PEFC ni FSC ne vous disent si l'emballage est recyclable. Ils vous disent d'où vient la matière première. Un emballage carton FSC peut très bien ne pas être recyclable s'il est composé de matériaux complexes (carton + plastique + alu).

Autres logos à connaître#

Trois catégories méritent une attention particulière.

Tidyman d'abord : une silhouette qui jette un objet dans une poubelle, géré par Keep Britain Tidy (une organisation britannique) mais utilisé mondialement. Ce logo n'indique aucune propriété de recyclage. Son usage est volontaire, non réglementé, et sa signification est purement comportementale : ne jetez pas par terre. En France, sa seule présence ne vous dit rien sur la manière de le trier.

La poubelle barrée (DEEE) : une poubelle sur roulettes barrée d'une croix. Elle signifie que le produit est un déchet d'équipement électrique et électronique (DEEE) et ne doit jamais rejoindre les ordures ordinaires. Cela concerne les smartphones, ordinateurs, téléviseurs, appareils électroménagers, ampoules LED, piles rechargeables. Déposez-les aux points de collecte en magasin (obligation légale), en déchèteries ou lors des collectes ponctuelles des communes. Cette directive européenne (2012/19/UE) est réglementaire et universelle dans l'UE.

L'aluminium et l'acier enfin : des logos spécifiques (« ALU » avec une flèche, « Steel » avec une flèche) indiquent la nature du métal. Les boîtes de conserve (acier) et les canettes (aluminium) vont dans le bac jaune. Ces logos aident les centres de tri à identifier le matériau.

Comment lire un emballage en 30 secondes#

Voici la méthode pratique, dans l'ordre :

Cherchez le Triman. Présent ? L'emballage est soumis à une consigne de tri. Absent ? Il va probablement à la poubelle ordinaire.

Cherchez la signalétique Info-Tri Citeo. Elle vous dit exactement où mettre l'emballage : bac jaune, poubelle noire, borne de collecte. Si elle est présente, suivez-la. C'est l'information la plus directement actionnable.

En l'absence d'Info-Tri, identifiez le matériau.

  • Verre : bac à verre.
  • Papier/carton non souillé : bac jaune dans la plupart des communes.
  • Métal (conserves, canettes, aérosols) : bac jaune.
  • Plastique PET (1) ou PEHD (2) : bac jaune.
  • Plastique PS (6) ou PVC (3) : poubelle ordinaire sauf consigne spécifique.
  • DEEE (poubelle barrée) : point de collecte dédié.

Ignorez le Point Vert. Il ne vous dit rien sur le tri.

En cas de doute, consultez votre commune. Chaque commune a des consignes spécifiques. Renseignez-vous auprès de votre collectivité ou via les points de collecte locaux.


La complexité de la signalétique recyclage en France n'est pas un accident. Elle reflète la multiplicité des acteurs (industriels, éco-organismes, certificateurs, collectivités) et l'absence d'un système unifié depuis le départ. La loi AGEC pousse dans la bonne direction avec le Triman obligatoire, mais la normalisation totale prendra encore des années.

En attendant, apprenez à distinguer ce qui est réglementaire (Triman, poubelle barrée DEEE) de ce qui est volontaire (Point Vert, Möbius), et de ce qui est comportemental (Tidyman). Avec cette grille, vous éviterez les erreurs les plus coûteuses pour les filières de recyclage. C'est simple, direct, zéro approximation.

Sources : ADEME, Citeo, Pro Europe, FSC France, PEFC France, Légifrance (décret n° 2022-507 et arrêté du 29 novembre 2022), directive européenne 2012/19/UE sur les DEEE.

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